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Te
souviens-tu belle Princesse des « Noël d’antan »
Autour d’un sapin illuminé avec tes enfants;
Du plaisir comblé à les examiner d’un rire saccadé
A développer leurs cadeaux dans une satisfaction adorée?
Te
souviens-tu belle Princesse de ton papa tragiquement décédé
Et de l’aide non consentie à apprivoiser cette épreuve éplorée?
Tu te couchais sur le sol dans l’attente d’un paternel
Aux clés perdues dans un envol à tout jamais vers le ciel.
Te
souviens-tu de tes frustrations, de ton corps démesuré,
De tes sentiments renfermés dans un écrin bien ciselé;
Le refus de tes confidences pour mieux souffrir
Et te causer un mal irréparable dans un délire?
Te
souviens-tu du malaise d’engager une conversation
Et de croire ton déplaisir à froisser ta perception?
Il s’agissait de glisser des mots généraux sans utilité
Pour que tu puisses connaître nulle attaque désobligée.
Te
souviens-tu belle Princesse de l’amour inconditionnel de la nature,
De la pêche, de la chasse, du vent qui caressait tes joues de velours;
De cette présence dans une région que tu raffolais avidement
Et que maintenant, tu as déserté dans l’affolement?
Te
souviens-tu belle Princesse de ton compagnon de vie,
De vingt ans de partage, de deux enfants fortement épris
De ta personne et qu’aujourd’hui, ils se posent des questions
Dans des pleurs étouffés par un tel geste de malédiction?
Te
souviens-tu de l’achat de cette « machine nuptiale »
Où le virtuel t’a apporté un amour matinal
Devenant ton idée fixe dans une déroute
Vers un pays lointain coûte que coûte?
Te
souviens-tu belle Princesse de tes secrets de marivaudage.
De tes appels d’outre-mer, de tes gentils bavardages
A l’abri de ton compagnon dérouté par ton attitude
De révolte d’une vie nourrie de mille incertitudes.
Te
souviens-tu de ce matin crucial de ton départ?
L’avion t’attendait laissant un passé en retard.
Chandelle éteinte sur ton existence vers un ailleurs.
Le destin à l’approche d’une grande chaleur.
Te
souviens-tu de ta provenance, de ton pays;
Du lointain qui te regarde d’un œil indéfini?
Le petit Prince est là, est-ce suffisant
Pour combler ton esprit maladif et souffrant?
André
Labrosse

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"Épervier" Labrosse
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