Je pleure la misère, la nonchalance de la vie;
Le courage effacé d’un esprit fatigué.
Mes larmes se dissimulent dans des intempéries
Dont la faiblesse m’accable sans s’arrêter.
Je pleure mon prochain alarmé et dévasté
Par des problèmes insolubles et indigestes.
Mes larmes ne parviennent pas à s’étouffer.
Je suis affaibli, je n’ose accomplir des gestes.
Je pleure cette bête soumise, amie de ma personne.
Vieillesse accroupie d’un mal intense.
Mes larmes m’aveuglent dans un glas qui sonne
Le trépas d’un regard de pitié, sans offense.
Je pleure ma fragilité, ma panique soudaine et constante.
La force m’abandonne dans un vide craintif.
Mes larmes ne suffisent plus à effacer cette douleur dilettante.
J’ai peur de vieillir, que mon cœur soit trop émotif.
Je pleure la vie dans un trémolo difficile à contenir.
L’égarement de ma démarche offre à mon corps l’instabilité.
Mes larmes me dirigent vers une déroute enclin à maudire
Un cœur qui bat avec indifférence, loin de la gaieté.
Je pleure dans l’effacement total pour que tout s’arrête
Et que mes yeux clos n’entendent que le doux murmure du vent.
Mes larmes auraient le temps de s’assécher, de reposer la bête
Que je suis éloignant cette torpeur de mon cœur d’enfant.
André Labrosse (Épervier)
    
Copyright ©
2002 André "Épervier" Labrosse
Site réalisé le 1 septembre 2002
|