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Le jouet |
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Dans
un placard, un ourson en peluche tout jauni. Je
le saisis tout ravi que j’en prenne possession. D’un
œil plus gros que l’autre, il semblait être un génie; Les
bras ouverts, heureux de sortir de ces années d’omission. Ma
faible jeunesse dans un rêve presque imaginaire. Ma
tête voltigeait ailleurs dans un mépris de la réalité. J’inventais
des mondes irréels aux mille éclairs Dont
j’étais la vedette suprême, incontestée. L'adulte
veut se souvenir mais hélas! des crevasses M’empêchent
d’ouvrir le grand-livre de la vie. Je
pose des questions mais on me répond par des paperasses. Tête
baissée, l’étranger titube péniblement sans appui. Pareil
à un ourson défiguré, le chemin est nulle part. Pour
consolation, des mots à la recherche d’une vérité Qui
ne viendra jamais. Tout se résume au pénible retard Des
années perdues dans la nonchalance d’un cœur blessé. Pénibles
souvenirs qui ne donnent que du malheur. Tête
maladive qui m’harcèle dans des secousses atroces. A
l’aube d’une décision, je suis perdu me dissimulant dans les fleurs Pour
que l’arôme apaise mes haines sous une épaisse écorce. Ourson de mon enfance, une certaine mutilation navrante... Je
ressemble à ton personnage : inanimé
se cachant dans le noir. Fatigue
inlassable, pourquoi toujours pleurer d’une voix délirante? Allez mon cher ourson, je t’accompagne à l’abri de ces faux miroirs. André "Épervier" Labrosse
Copyright © 2002 André
"Épervier" Labrosse |