Andros

On me dit adulte naufragé

Dans un désaccord parfait de la vie.

Je titube un caractère violenté

Par des pleurs qui se réfugient  dans mon esprit.

 

On me dit adulte poétique.

Je rassemble des mots dans  ma boutique

Où mon cœur transige un peu d’amour

Avec une plume se cachant dans les faubourgs.

 

On me dit adulte rancunier.

On me crache des blessures malsaines.

Le partage du rire n’est pas poétisé.

Je traîne mon bagage avec peine.

 

On me dit adulte dans la cinquantaine.

Je suis un enfant dérouté rempli de chaînes

Qui tenaillent mon corps en destruction.

L’insuffisance de continuer avec décision.

 

On me dit adulte dans mes bouffonneries.

L’écrin cache mes angoisses avec dureté,

Avec insouciance. J’ose des facéties

Pour imaginer que la vie est drôle avec facilité.

 

On me dit adulte dans un passé ignoré.

La recherche d’une Maman loin d’un fablier.

Le néant se construit tout autour de ma personne

Glissant ses ordures à l’approche de la Madone.

 

On me dit adulte dans un courage famélique.

Je perçois la vie mais je fuis son contenu trop lourd.

La force de continuer se résume dans une symbolique.

Je piétine sans égard aux instants de l’amour.

 

On me dit adulte par un trop grand respect.

Mes sursauts d’humeur cachent bien mes regrets.

Je continue dans l’attente d’une lumière joyeuse

Au grognement étouffé d’une vie déroutée

*Andros (André du grec Andros, homme)  

André "Épervier" Labrosse

 

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